Tintin en gascon : Las Jòias de la Castafiòras, quand langue, droits d’auteur et modèle économique se rencontrent
L’adaptation en gascon de Les Bijoux de la Castafiore, devenue Las Jòias de la Castafiòras, n’est pas seulement une réussite linguistique et culturelle. C’est aussi un projet qui interroge — et démontre — la viabilité économique des créations en langue régionale, à condition d’en maîtriser les enjeux juridiques et éditoriaux.
Le gascon, une langue de création… et de marché
Faire le choix de l’occitan ( Gascon ) pour une œuvre aussi emblématique que Tintin, c’est affirmer que les langues régionales ne sont pas cantonnées à un public confidentiel. Bien au contraire, Las Jòias de la Castafiòras s’adresse à une clientèle large et plurielle :
passionnés de Tintin et collectionneurs,
lecteurs curieux de traductions inédites,
défenseurs et pratiquants des langues régionales,
familles, enseignants et acteurs culturels,
habitants du territoire comme visiteurs.
Le gascon devient ici un facteur de différenciation, créateur de valeur ajoutée, et non un frein à la diffusion.
Le gascon, une langue de création… et de marché
L’univers de Tintin étant l’un des plus protégés au monde, toute exploitation commerciale suppose une autorisation formelle des ayants droit. La négociation avec :
les éditions Casterman,
les ayants droit d’Hergé,
était donc une condition indispensable non seulement sur le plan légal, mais aussi sur le plan économique. Sans cet accord, aucune commercialisation, aucune diffusion en librairie, aucun événement public n’aurait été possible.
Obtenir cette autorisation a permis :
d’inscrire l’ouvrage dans un circuit de vente officiel,
de rassurer les distributeurs et partenaires,
de positionner le livre comme un produit éditorial légitime, et non comme une initiative marginale.
Traduire, négocier, produire : une vraie logique entrepreneuriale
Porté par l’association TintinOsphère, sous l’impulsion de Jérémy Geys-Romoli, le projet a intégré très tôt une réflexion business :
maîtrise des coûts de traduction et de validation linguistique,
respect des standards éditoriaux imposés par Casterman,
positionnement prix cohérent avec le marché de la bande dessinée,
stratégie de diffusion à la fois locale et élargie.
L’appui de l’Academia Gascona de Baiona Ador a également été déterminant pour garantir une qualité linguistique irréprochable, condition essentielle à la crédibilité du produit auprès d’un public non exclusivement gasconnant.
Un lancement pensé comme un acte de diffusion commerciale
Le lancement au CGR de Tarnos n’a pas seulement marqué une étape symbolique. Il a aussi été conçu comme un levier de visibilité commerciale, permettant de toucher :
le grand public,
les médias,
les acteurs culturels et éducatifs,
les réseaux de libraires et de distribution.
Ce type d’événement montre que la langue gasconne peut s’inscrire dans des lieux et des formats contemporains, loin d’une diffusion strictement militante.
Une clientèle élargie, au-delà du territoire gascon
Si le projet est profondément ancré en Gascogne, sa portée dépasse largement les frontières régionales. Le nom Tintin, universel, associé à une traduction originale, permet d’atteindre :
un public national,
voire international,
sensible aux éditions alternatives, aux langues minoritaires et aux objets culturels singuliers.
Las Jòias de la Castafiòras devient ainsi un produit culturel gascon exportable, capable de générer de la valeur tout en portant une identité forte.
Culture, droits et économie : un équilibre possible
Chez Produit en Gascogne – Hèit en Gasconha, nous défendons l’idée que la culture fait partie intégrante de l’économie du territoire. Ce projet en est une illustration concrète :
👉 respect du droit d’auteur,
👉 exigence linguistique,
👉 stratégie de diffusion et de commercialisation.
Las Jòias de la Castafiòras prouve qu’il est possible de conjuguer langue régionale, cadre juridique strict et modèle économique viable, au service d’une Gascogne créative, ambitieuse et ouverte.